Livre
Psyché humaine et environnement : approche géomentale
Ce livre est le fruit d’une réflexion mené par l’auteur pendant un demi-siècle de pratique psychiatrique de première ligne. Sa réflexion se fonde sur le témoignage des milliers de patients qu’il a reçus et dont beaucoup au-delà de leur histoire personnelle lui ont révélé celle de leur environnement dans des contextes fort différent Paris, l’Abitibi, au nord du Québec, la banlieue sud-ouest de Montréal et la réserve mohawk de Kahnawake.
Une première partie, analytique va nous transporter dans ses quatre terrains de pratique. D’abord Paris ou l’auteur identifie comment certains lieux, trajets ou frontières se manifestent, en devenant symptomatiques. Puis en Abitibi, dernière colonisation en Amérique du Nord, où il découvre cette fois, une territorialité Américaine remodelée comme les langues européennes par la migration et induisant un profil identitaire, spécifique. Plus tard, sur la Rive-Sud de Montréal, où se côtoient une jeune banlieue américaine et, en son sein, la communauté de Kahnawake son apprentissage spatial va s’élargir. L’auteur note des différences entre les territorialités horizontales de ces nouvelles périphéries et les territorialités verticales, millénaires du peuple mohawk. En même temps, durant le cours de sa pratique, le monde de la représentation et de l’image s’est historiquement imposé à lui comme modèle pour identifier de nouveaux espaces qu’il nomme spatialités, lesquelles se forment essentiellement autour du numérique, notre nouvelle géographie déterritorialisée.
Durant cette « odyssée » clinique, revenant souvent à la Corse de ses origines, comme espace référentiel, l’auteur va considérer l’espace comme un véritable langage qui nous fonde et auquel il a été confronté dans son enfance partagée entre la banlieue parisienne et son village de montagne.
Dans la deuxième partie, plus synthétique l’auteur va s’employer à décrire ce langage spatial proche d’un modèle linguistique avec les lieux comme vocabulaire, les trajets comme syntaxes et les frontières comme ponctuations. La COVID à révéler l’universalité de ces trois éléments de base lorsqu’ils se sont imposés par leur interdiction ou leur restriction d’usage à l’échelle mondiale. C’est selon la prévalence accordé à l’un ou l’autre de ces éléments que vont se constituer des territorialités sédentaires autour des lieux, nomades autour des trajets, insulaires autour des frontières. Ces espaces bouleversées par la mondialisation sont relayés aujourd’hui par les médias sociaux délocalisés qui se constituent comme de véritables spatialités, épousant la structure des territorialités avec comme lieu les sites comme trajet les navigations et comme frontière leurs limites encore imprécises. L’espace parle.
Chemin faisant nous verrons comment les bouleversements spatiaux ont touché la psychiatrie : elle a dû déplacer ses points de service, faire face à de nouvelles pathologies et très souvent des facteurs environnementaux, sont évoqués dans les sciences qui l’encadrent, l’épigénétique en étant la plus connue.
Du côté de l’espace il produit ses propres expressions symptomatiques et participe largement à la production des personnalités et des mentalités. À l’interrogation classique qui les fondent, « Qui suis-je ? », articulée autour de l’histoire génétique psychologique et sociale, l’approche géomentale que l’auteur introduit est celle du « Où suis-je ? ».

À paraître en octobre 2026 aux éditions de l’Aube